Alcools (1913)
#ÉcrivainsFrançais
Plus criminel que Barrabas Cornu comme les mauvais anges Quel Belzébuth es-tu là-bas Nourri d’immondice et de fange Nous n’irons pas à tes sabbats
La première est toute d’argent Et son nom tremblant c’est Pâline Sa lame un ciel d’hiver neigeant Son destin sanglant gibeline Vulcain mourut en la forgeant
Vers le palais de Rosemonde au fo… Mes rêveuses pensées pieds nus von… Le palais don du roi comme un roi… Des chairs fouettées des roses de… On voit venir au fond du jardin me…
C’est le printemps viens-t’en Pâq… Te promener au bois joli Les poules dans la cour caquètent L’aube au ciel fait de roses plis L’amour chemine à ta conquête
Sous le pont Mirabeau coule la Se… Et nos amours Faut-il qu’il m’en souvienne La joie venait toujours après la p… Vienne la nuit sonne l’heure
Dans la Haute-Rue à Cologne Elle allait et venait le soir Offerte à tous en tout mignonne Puis buvait lasse des trottoirs Très tard dans les brasseries borg…
Voie lactée ô sœur lumineuse Des blancs ruisseaux de Chanaan Et des corps blancs des amoureuses Nageurs morts suivrons-nous d’ahan Ton cours vers d’autres nébuleuses
Beaucoup de ces dieux ont péri C’est sur eux que pleurent les sau… Le grand Pan l’amour Jésus-Chris… Sont bien morts et les chats miaul… Dans la cour je pleure à Paris
Sur la côte du Texas Entre Mobile et Galveston il y a Un grand jardin tout plein de rose… Il contient aussi une villa Qui est une grande rose
À M. Léon Bailby. Oiseau tranquille au vol inverse o… Qui nidifie en l’air À la limite où notre sol brille dé… Baisse ta deuxième paupière la ter…
Le pré est vénéneux mais joli en a… Les vaches y paissant Lentement s’empoisonnent Les colchiques couleur de cerne et… Y fleurit tes yeux sont comme cett…
S’étendant sur les côtes du cimeti… La maison des morts l’encadrait co… À l’intérieur de ses vitrines Pareilles à celles des boutiques d… Au lieu de sourire debout
À Mademoiselle Marie Laurencin. Frôlée par les ombres des morts Sur l’herbe où le jour s’exténue L’arlequine s’est mise nue Et dans l’étang mire son corps
Et je chantais cette romance En 1903 sans Que mon amour à la semblance Du beau Phénix s’il meurt un soir Le matin voit sa renaissance.